São Paulo ou l’illusion de s’intégrer rapidement

Abraco pour illusion d'integration des expatriés au Brésil

Alors que je fais découvrir, à São Paulo, à une voisine française, le marché de fruits et légumes le plus proche, à 5 pavés d’immeubles du nôtre, elle se confie : « Je n’ai eu aucun problème d’adaptation, mon intégration s’est très bien passée ! » et de poursuivre par « ce qui me manque, c’est de pouvoir déjeuner et passer du temps avec des amies, parler à quelqu’un d’autre que mon mari, toujours parti, et mon fils de 3 ans ». Cette voisine « se sent vraiment bien* ». Sachant qu’elle vivait, au moment de cette histoire, depuis 1 an dans ce quartier, la professionnelle de l’intégration des expatriés en Amérique Latine et particulièrement au Mexique et au Brésil, que je suis, a exprimé un léger rictus, tout léger ;-)!

« Condominium » ou la prison dorée empêchant l’intégration ?

Dans un condominium** où il y a piscines couverte et découverte, salles de jeux pour enfants et pour adultes, sauna et salles de sport et de massage, salons de fêtes infantiles et d’adultes, le supermarché en face et la possibilité d’être livrés à domicile, pour absolument tout, il est très tentant de ne pas en sortir, de s’en contenter, et il n’y a pas de mal à cela. De plus, le personnel brésilien dudit condominium est extrêmement sympathique. Moi la première, je suis tentée de rester à profiter de ce luxe et de ce confort que l’expatriation m’offre, ici.
Facile donc, même sans maîtriser la langue, de se sentir bien adapté à sa vie à Sao Paulo. Or, évidemment, qui reste dans son condo, ne se confronte pas à la réalité brésilienne. Contrairement à ce qu’elle avance, ma voisine n’est pas intégrée (attention, n’y voyez pas une critique ou un jugement, le but de cet article est d’expliquer pourquoi la ville de Sao Paulo donne rapidement l’impression d’être intégré).

Sortir de son confort pour s’intégrer ?

En sortant de ce cadre bien pensé pour les plus riches Brésiliens et les expatriés, il y a moyen de se confronter à la réalité paulista***. Sans m’étendre sur les infrastructures de Sao Paulo, en foulant son sol les premières fois, elle donne l’impression d’être dans une petite New York. Impression d’une ville développée qui offre beaucoup de possibilités et où les règles sont à peu près les mêmes. Ceci est sournois en fait, j’en explique les raisons dans un prochain article. Mais cet aspect tend aussi à nous donner l’illusion d’être intégrés.

Si d’ores et déjà, vous aimeriez vous intégrer vraiment, comprendre comment les Brésiliens « fonctionnent » » pour vous sentir un peu plus comme chez vous. Si vous voulez éviter les erreurs culturelles inconscientes et qui peuvent avoir des conséquences irréversibles sur votre bien-être même, voici une solution immédiate : ICI

Se faire de vrais amis brésiliens, assez simple, même pour un étranger

J’aime sortir, me confronter aux locaux, voir ce qu’il se passe en dehors de mon immeuble, et aussi sortir la nuit, pour danser, même si je suis maman ! J’ai, très rapidement été prise par le tourbillon de générosité de cœur et de sympathie des Brésiliens. En soirées, par exemple, je rentre très rapidement dans de longues discussions avec des Brésiliennes que je ne connais pas, qui sont là pour passer un bon moment. Ces conversations n’en sont pas moins intéressantes pour autant. Je suis agréablement surprise de l’aisance avec laquelle je rentre ne contact avec les Brésiliens, inconnus pourtant, surtout pour n’être là que depuis quelques semaines. A chaque nouvelle rencontre, j’engage la conversation, j’ai la sensation de valeurs communes et partagées. Je crois – à mes débuts à São Paulo -, en un début prometteur de nouvelles amitiés sincères. D’autant plus que l’accolade avant de se quitter, est si chaleureuse et spontanée, qu’elle me conforte dans l’idée que je vais, sans doute aucun, bientôt revoir ces personnes. Et de les quitter avec ce sentiment valorisant d’être déjà bien intégrée – pour faire court. Je pense même : « wow, c’est tellement facile ! ». La preuve, le nombre de mes « amis » sur mon profil Facebook a doublé en un mois ! Souvent, à mes débuts toujours, je partageais mon enthousiasme avec mes amis restés en France (pas d’avoir doublé mes amitiés virtuelles, sinon d’avoir fait de vraies rencontres intéressantes !)

Le temps de la désillusion

À culture différente, vision différente de l’amitié

La vie passe et ces personnes ne me contactent jamais. 9 personnes sur 10, à qui je parle au Brésil, laissent là le contact « agréable » que nous avons eu, un jour, à une occasion. Alors que ma culture m’a fait croire en une réelle amitié – et c’est le cas pour eux, à cet instant « t ». Il est clair que nous n’avons pas la même perception de l’amitié. Beaucoup d’expatriés ne comprennent pas cela et reste dans la frustration de leur relation avec les Brésiliens.

La vision du temps des Brésilien peut être une explication

Les brésiliens pensent sincèrement, quand ils me l’expriment, que nous sommes amis ! Amis de l’instant « seulement » certes, mais sincèrement ! Pour eux, demain est un autre jour. Tout sera différent à un autre instant, et qui passera par là et parlera avec eux, leur montrera de la sympathie, deviendra leur ami aussi… du jour. Ils vivent l’instant présent (cf. l’article sur l’ancrage et celui sur le temps) et profitent de celui-ci. Leur « carpe diem » les fait agir ainsi et le principal est de passer un bon moment, à ce moment là.

Alors, que faire pour s’intégrer ?

Accepter leur comportements, comprendre leur définition de l’amitié. Vous êtes plongés dans une autre culture, une autre manière de penser, de parler, une autre logique – je vous invite à lire un article précédent à ce sujet ICI -, etc. Il vous faut l’assimiler, comprendre d’où vient cet aspect de la culture Brésilienne et l’accepter surtout. Vivre le présent, et apprécier d’être « ici et maintenant ». Et continuer ainsi sans dénigrer ni fuir les Brésiliens à cause de cela. Ce n’est pas un conflit de valeurs mais une différence de vision. Quand vous vous sentirez bien avec cette différence, vous serez intégré au Brésil.

C’est facile, j’ai réussi alors vous pouvez aussi le faire

*Femme d’expatrié à São Paulo.
**Généralement, les expatriés sont dans des condominiums avec gardien et porte ouverte que sur présentation d’une identité et après maintes vérifications (C’est une chance de pouvoir y vivre, je le reconnais, mais je pense aussi que ce sont des « prisons dorées empêchant une intégration »)
***Paulista : qui est de Sao Paulo

Vous vous reconnaissez dans ces propos ? Faites moi part de vos ressentis sur votre vie d’étranger au Brésil. Nous serons juste vous et moi pour en parler et je vous aiderai à dépasser vos plus gros doutes au sujet de l’intégration au Brésil : C’EST ICI

Quant à moi, je retourne à mes amitiés sincères avec les Brésiliens !
amitié sincère avec bresilienne

Vous avez aimez ? Faites-le savoir grâce aux icônes ci-dessus, et partagez cet article à qui pourrait être intéressé et à qui vous voulez du bien !

Melanie Simon Raze
Mélanie est spécialiste de l'accompagnement professionnel des expatriés. Elle l’a été 4 fois en 12 ans, en Europe et en Amérique Latine, ayant endossé les 3 profils de salariée en mobilité internationale, conjointe expatriée, employée en contrat local, elle a 12 ans d’expériences professionnelles dans des groupes internationaux, à des postes de niveaux cadre et manager.
Fondatrice de la structure Expat2work, Coach carrière et en développement personnel, elle accompagne professionnellement les expatriés en Amérique Latine notamment, mais aussi dans d'autres pays, ses conseils pouvant s'y appliquer.
Reconnue pour son dynamisme, son professionnalisme et sa sympathie, elle vous guidera efficacement, jusqu'à l'atteinte de vos objectifs personnels et professionnels sur place.

Comment réussir votre expatriation ?

Rejoignez la communauté
des expats actifs
Restons interconnectés
et unis pour ne pas s'isoler !
  • Facebook
  • Linkedin
  • YouTube
  • Twitter

Accompagnement Expat2work