Le refus des Brésiliens, question de langage ou de volonté ?

Les Brésiliens en premier lieu, peuvent souvent dire non !
Vous pensez que « les Brésiliens ne savent pas dire non » ? D’où vous vient cette croyance ? En 3 ans de vie au Brésil, ce « NÃO », ou le refus des Brésiliens de m’aider, je les ai très souvent expérimentés. Voici mon expérience dans mes relations professionnelles et personnelles au quotidien. Vous verrez, aussi surprenant que ça puisse paraître : ils répondent par la négative, beaucoup plus souvent qu’on ne le pense !

Exemples de situations éloquentes

Je viens d’une expatriation de 4 ans au Mexique et là oui, c’est certain, je l’affirme et le confirme, les Mexicains ne savent pas dire « non » ; j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet. Le voici, pour lecture si cela vous intéresse/concerne.
Pour en revenir à mon expérience brésilienne, après 4 ans au Mexique, sur ce point-là, j’avais l’impression d’être revenue en France. Quand je demande quelque-chose dont j’ai besoin et que je sais qu’ils peuvent m’aider à combler ce besoin, la première réponse des Brésiliens, naturelle et spontanée (en général), est « NON ». Pas plus tard que hier, pour acheter une carte sim à des amis venus visiter le Brésil pendant un mois, le vendeur de Claro (un des opérateurs mobiles brésiliens), chez qui je sais qu’il est possible d’acheter simplement une carte Sim pour l’avoir déjà réalisé fait 2 fois, me dit avec aplomb : « ah, sans abonnement, vous la trouverez chez Americanas (sorte de petit supermarché ou tout est vendu). » Il m’a fallu insister et dire fermement que je savais pertinemment qu’il était « en mesure de me la vendre ici et MAINTENANT, pour être cliente depuis presque 3 ans » ! Vous notez mon agacement… Il est réel ! J’essuyais bien là un nième refus de m’aider, pire de me faire concrétiser mon achat (un vendeur qui ne veut pas vendre ?).
Lorsque je recherchais notre logement, quand j’ai scolarisé mon enfant, quand je demande à changer de forfait avec le même opérateur ou fournisseur d’accès internet, quand je fais réparer la voiture, quand je demande à quelqu’un de se garer plus loin pour débloquer le passage, etc, aimablement, avec tout le respect du monde, ils ont un mouvement de recul d’emblée et renfermé ! Surprenant, « non » 😉 ? Pourtant, en exprimant mes demandes avec les formes qui conviennent aux Brésiliens, et pas aussi abruptement qu’un Français le ferait, bien sûr.
J’ai constaté, pendant ces 3 ans – et ceci est confirmé par d’autres étrangers vivant au Brésil, que les Brésiliens n’ont pas cette tendance innée à se plier en 4 pour vous. La première réponse qui leur vient est « não » ou « não da ». Elle est d’autant plus choquante, je trouve, qu’elle ne coïncide pas avec leur flexibilité et leur sens du service (qu’ils ont encore).

« Mauvaise volonté » ? Il y a de cela, mêlée à de l’incompréhension du besoin exprimé, due à l’accent français, difficile à comprendre des Brésiliens. Une autre raison : les règles établies dans le pays, qu’il ne convient nullement de remettre en cause avec une demande qui irait à leur encontre ! Toutes ces raisons combinées m’obligent, très souvent, à sortir ma carte « patience » pour obtenir « gain de cause » ! C’est du travail !

Empathie, compréhension réciproque et donc adaptation à la culture brésilienne pour sortir de la frustration !

L’avantage d’avoir été expatriée à plusieurs reprises auparavant est que je ne réagis pas comme j’aurais réagi, il y a 10 ans de cela, en France, et heureusement pour moi : grogner « comment ça, « non » ?! » (RIRES).
Je développe 2 compétences au Brésil : la négociation et l’empathie. J’essaie de comprendre la situation de la personne à qui je m’adresse et pourquoi il me dit que « non » alors que, pour moi, ce que je demande n’est pas sorcier et je le sais, faisable (sinon je ne me permettra pas de le demander)! Finalement, ne serait-ce pas une mauvaise traduction de ma part, de ce que je veux ? Si au début, indéniablement, c’est parce-que mes interlocuteurs ne comprenaient pas ce que je voulais qu’ils n’allaient pas dans mon sens. Mais, maintenant, je sais faire la différence et si refus il y a, alors je dégaine mon arme « insistance » 😉 , quand je sens clairement que mon interlocuteur n’y met pas du sien.

« Tout est possible, au Brésil »

C’est vrai ! Ces refus ne sont pas irréversibles : au final, tout trouve sa solution et la situation se résout ! « Tudo é possível no Brasil ». Le refus des Brésiliens sem tempero nao da
Autre cas de figure, il existe aussi celui dans lequel les Brésiliens, effectivement, ne disent pas « non ». Par exemple, « Pode deixar » = « compte sur moi », est souvent (pas à 100% des cas) une façon déguisée de dire « je ne peux pas t’aider ». Un comportement statique, un regard non soutenu ou fuyant, passer à autre chose, peuvent également traduire l’impossibilité de vous aider. Un Brésilien, en général, ne montrera pas qu’il ne vous apprécie pas ou ne vous comprends pas ou ne peut pas aider son interlocuteur. Pour cela, il adopte un comportement, que nous, Européen, pouvons juger d’« hypocrite » : il ne dit ni « oui » ni « non ». Si l’interlocuteur est Brésilien, il saura faire la différence entre la négation et l’espoir que cette réponse implique. Pour nous, de culture européenne, l’exercice est complexe. Alors, comment savoir si on peut espérer ou s’il faut chercher notre réponse ailleurs ? Pour éviter ces frustrations interculturelles, j’ai appris ce que signifiait, dans le fond, leur célèbre « fica vontade » (qu’ils s’appliquent très bien à eux mêmes !), ce qui m’a permis d’adopter la bonne manière de les appréhender, en tout cas, ça marche !

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Melanie Simon Raze
Mélanie est spécialiste de l'accompagnement professionnel des expatriés. Elle l’a été 4 fois en 12 ans, en Europe et en Amérique Latine, ayant endossé les 3 profils de salariée en mobilité internationale, conjointe expatriée, employée en contrat local, elle a 12 ans d’expériences professionnelles dans des groupes internationaux, à des postes de niveaux cadre et manager.
Fondatrice de la structure Expat2work, Coach carrière et en développement personnel, elle accompagne professionnellement les expatriés en Amérique Latine notamment, mais aussi dans d'autres pays, ses conseils pouvant s'y appliquer.
Reconnue pour son dynamisme, son professionnalisme et sa sympathie, elle vous guidera efficacement, jusqu'à l'atteinte de vos objectifs personnels et professionnels sur place.

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